mercredi 26 mars 2008
Sources
Bibliographie:
-"Les passeurs" (Des Lorrains anonymes dans la résistance), Francis Petitdemange et Jean-François Genet, 2002, Editions de l'Est.
-"Les Justes" (Les héros méconnus de la Shoa), Martin Gilbert, 2004, Calmann-Lévy.
-"La France des années noires", J-P. Azéma et F.Bedarida [dir.], 1993, Le Seuil.
-"La France pendant la Seconde Guerre mondiale", Y. Durand, 1993, Armand Colin
-"La Lettre de la Fondation de la Résistance", n°51, décembre 2007.
-"Les collections de l’Histoire", (Ils ont résisté à Hitler), octobre 2007.
Sitographie:
-www.fondationresistance.org
-www.fondationshoa.info
-www.e-storial-frontiere.com
-www.ac-nancy-metz.fr/ia57/noveant/histoire/passeurs/unpassage.html
Filmographie:
-"Au revoir les enfants", Louis Malle, 1987
-"Le temps de la désobéïssance", Téléfilm, Patrick Volson, 2005
-"Les passeurs" (Des Lorrains anonymes dans la résistance), Francis Petitdemange et Jean-François Genet, 2002, Editions de l'Est.
-"Les Justes" (Les héros méconnus de la Shoa), Martin Gilbert, 2004, Calmann-Lévy.
-"La France des années noires", J-P. Azéma et F.Bedarida [dir.], 1993, Le Seuil.
-"La France pendant la Seconde Guerre mondiale", Y. Durand, 1993, Armand Colin
-"La Lettre de la Fondation de la Résistance", n°51, décembre 2007.
-"Les collections de l’Histoire", (Ils ont résisté à Hitler), octobre 2007.
Sitographie:
-www.fondationresistance.org
-www.fondationshoa.info
-www.e-storial-frontiere.com
-www.ac-nancy-metz.fr/ia57/noveant/histoire/passeurs/unpassage.html
Filmographie:
-"Au revoir les enfants", Louis Malle, 1987
-"Le temps de la désobéïssance", Téléfilm, Patrick Volson, 2005
Conclusion
L'ensemble de ce travail nous a permis d'appréhender cette histoire méconnue de la Résistance, ces personnes qui ont à un moment tendu une main, ouvert une porte ou conduit "des personnes persécutées ou pourchassées". L'exemple mosellan apparaît comme l'archétype de cette résistance en atteste les actions spontanées de nombreux Novéantais. La rencontre avec Monsieur Raymond Starrenberger fut très enrichissante et saisissante . En effet, agé de 82 ans à ce jour, ce "passé" ne connaît toujours pas l'identité de son "passeur" alors qu'il lui doit la liberté! Plus de 60 ans nous séparent de ces événements et nous demeurons admiratifs du courage de certains qui n'hésitèrent pas à prendre des risques pour sauver des déserteurs, des réfractaires ou encore des Juifs . Selon J-F Genet et F. Petitdemange (op.cit.) 23 Mosellans ont été arrêté pour l’acheminement illégal de colis ou de courrier et 594 l’ont été pour l’aide fournie à des prisonniers de guerre français ou alliés évadés. La répression fît donc de nombreuses victimes parmi ces résistants de l'ombre. Nous espérons que notre travail participera à la mémoire de ces résistants...
- F - Témoignage : Madame Scius, la Grand-Mère de Marie
Aide aux prisonniers et répression contre Madame Scius, la Grand-Mère de Marie
Mademoiselle Marie Scius a passé sa jeunesse dans la pharmacie familiale qui se situait à Sarrebourg, en Moselle. Refusant de devenir allemande, Mlle Scius, à l’aide de certains scouts de Sarrebourg, a créé durant la « débâcle » une filière d’évasion de prisonniers. En effet, la situation était particulièrement critique car les Allemands avaient arrêté 35 000 prisonniers après seulement deux ou trois semaines de guerre. Elle réussi à corrompre des sentinelles allemandes afin de ravitailler les prisonniers de Sarrebourg, les Juifs et Sénégalais mis en quarantaine, d’acheminer le courrier des prisonniers jusqu’à Nancy (ce qui correspondait à la frontière entre l’Allemagne et la zone occupée) et bien sûr, organiser des évasions de prisonniers avec l’aide de gardes qui savaient ne pas les voir. Une fois libérés, elle et ses amis les prenaient en charge en leur trouvant de la nourriture, des vêtements, des pansements, des faux papiers et de l’argent. Elle cachait jusqu’à dix évadés chez elle, ce qui était un exploit car la Gestapo avait annexé les lieux. Si elle réussit ce tour de passe-passe c’est grâce à l’aide de ses frères qui occupaient les Allemands avec le skat, jeu de cartes favori de ces derniers. Puis, déguisés en cheminots, les prisonniers passaient la frontière, cachés dans les locomotives, les wagons de marchandises ou encore dans le charbon.
Malheureusement, au bout d’un an, ce petit manège fut découvert, et Marie Scius arrêtée. On l’accusa d’ennemie du Grand Reich, de chef de l’organisation des prisonniers évadés, et d’espionnage et de corruption auprès de soldats de la Wehrmacht. Cette dernière accusation lui valu un futur passage devant le Conseil de Guerre. Elle passa tout d’abord 5 jours et 5 nuits dans un cachot sans air et sans lumière avec pratiquement rien à manger ni à boire. Après cela, elle subit un mois d’interrogatoire impitoyable (bienheureusement la Gestapo ne la tortura pas). Elle endossa toutes les accusations afin que ses collaborateurs s’en sortent. Puis vint le Conseil de Guerre. Mlle Scius risquait la peine de mort mais grâce à la notoriété de sa famille connue dans toute la Lorraine et la victoire qui commençait à sourire à l’Allemagne la justice fut clémente et la condamna à quinze mois de prison. Elle fut dirigée dans un camp de femmes. Là-bas, après un stage d’apprentissage en serrurerie, elle fut affectée au nettoyage et à la réparation de pièces de locomotives. En réalité, elle faisait de son mieux pour les saboter.
Puis, en raison de problèmes de santé, elle fut mutée au dépôt des chemins de fer de Reding Là, grâce à sa carte de cheminot, elle devint agent de liaison et de ravitaillement entre les groupes du réseau de Résistance. Elle était aussi infirmière des FFI cachés dans les forêts.
Enfin, en 1944, elle a réussi à faire déposer les armes à 14 Allemands, afin qu’ils se rendent aux FFI.
La légion d’honneur décernée à cette femme courageuse
- E - Représailles contre des familles de personnes recherchées :
Les familles sont souvent victimes de représailles comme le montre l’exemple de 123 habitants de Longeville-lès-Saint-Avold qui sont arrêtés car parents de réfractaires. Ils sont ensuite internés à Woippy et quarante meurent en camp de concentration.
Marthe Beyel d’Eincheville raconte qu’elle et son père ont été arrêté car son frère était un réfractaire. Ainsi elle est déportée à Ravensbrück tandis que son père échoue à Sachsenhausen !
- D - Déportations vers des camps de concentration :
La répression nazie à l’encontre des passeurs mosellans aboutit à la déportation d’un grand nombre vers certains « KL » afin de briser la résistance ! Nombreux sont ceux qui sont transférés au camp de Schirmeck comme Théodore Porté de Novéant qui est accusé d’aide aux évadés et réfractaires. Il est arrêté par la Gestapo en avril 1944 et meurt à Schirmeck lors de sa détention où plus de 500 Mosellans furent internés ! Certains sont envoyés au camp voisin du Struthof dont dépend Schirmeck et où le taux de mortalité est l’un des plus élevé de l’ensemble du système concentrationnaire nazi !
Suite vraisemblablement à l’imprudence de certains évadés, le réseau de Pagny-sur-Moselle est démantelé . Son Maire, Marcel Ney, pivot de ce réseau et Henri Barnay, restaurateur très actif pour le transfert de courrier ou la « cache » d’évadés, sont arrêtés en février 1944. Tout deux sont déportés au camp de concentration de Neuengamme où ils trouvent la mort.
Déportés à Neuengammme sous surveillance du kapo
Les femmes résistantes ne sont pas épargnées comme l’attestent les exemples Catherine et Blanche Welfringer qui opèrent sur Woippy et qui suite à une dénonciation sont emprisonnées à Metz en août 1943. Puis vient la déportation au camp de Ravensbrück d’où elles sont libérées et envoyées en Suède. Elles rentrent en France à l’issue de la guerre, en août 1945.
Déportées de Ravensbrück au travail- C - Internements au fort de Queuleu :
A partir de 1943, un grand nombre de résistants finit dans ce fort où les conditions de détentions sont terribles. Ainsi le Novéantais Gaston Lovay y est interné quelques jours car des soupçons pèsent sur lui concernant son rôle de passeur. Il en ressort grâce à l’intervention d’un allemand du village de Novéant. René Michelleti, un passeur, est arrêté dans le hall de la gare d’Amanvillers en novembre 1943. Il est envoyé à la Gestapo de Metz puis au fort de Queuleu où il est « enfermé dans la cellule n°7, les yeux bandés et les mains attachées » ! Avec trois autres détenus, il réussit à s’échapper par la cheminée d’aération. Bénéficiant de soutiens sur Metz et Scy-Chazelle, il se cache et à obtient de faux-papiers qui lui permettent de rejoindre Paris puis le sud-est de la France. Il participe activement à la Libération dans la brigade d’Alsace-Moselle.
- B - Emprisonnements :
Dans la vallée de la Seille, un grand nombre de prisonniers évadés sont recueillis comme à Cuvry ou à Pournoy-la-Chétive. Dans ce village, le maire, Emmanuel Delacour et le curé de la paroisse, Emile Losson sont arrêtés et emprisonnés à la maison d’arrêt de Metz, rue Maurice- Barrès, pendant trois semaines pour leurs activités résistantes.
Sœur-Hélène de Metz connaît le même sort. En effet elle est arrêtée puis condamnée à un an de prison pour le transport de courrier et l’aide aux évadés des camps de Metz et Sarrebourg.

Sœur-Hélène et « Notre-Dame des prisonniers », statue en son honneur, située rue de la fontaine à Metz.
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