mercredi 26 mars 2008

- F - Témoignage : Madame Scius, la Grand-Mère de Marie

Aide aux prisonniers et répression contre Madame Scius, la Grand-Mère de Marie
Mademoiselle Marie Scius a passé sa jeunesse dans la pharmacie familiale qui se situait à Sarrebourg, en Moselle. Refusant de devenir allemande, Mlle Scius, à l’aide de certains scouts de Sarrebourg, a créé durant la « débâcle » une filière d’évasion de prisonniers. En effet, la situation était particulièrement critique car les Allemands avaient arrêté 35 000 prisonniers après seulement deux ou trois semaines de guerre. Elle réussi à corrompre des sentinelles allemandes afin de ravitailler les prisonniers de Sarrebourg, les Juifs et Sénégalais mis en quarantaine, d’acheminer le courrier des prisonniers jusqu’à Nancy (ce qui correspondait à la frontière entre l’Allemagne et la zone occupée) et bien sûr, organiser des évasions de prisonniers avec l’aide de gardes qui savaient ne pas les voir. Une fois libérés, elle et ses amis les prenaient en charge en leur trouvant de la nourriture, des vêtements, des pansements, des faux papiers et de l’argent. Elle cachait jusqu’à dix évadés chez elle, ce qui était un exploit car la Gestapo avait annexé les lieux. Si elle réussit ce tour de passe-passe c’est grâce à l’aide de ses frères qui occupaient les Allemands avec le skat, jeu de cartes favori de ces derniers. Puis, déguisés en cheminots, les prisonniers passaient la frontière, cachés dans les locomotives, les wagons de marchandises ou encore dans le charbon.
Malheureusement, au bout d’un an, ce petit manège fut découvert, et Marie Scius arrêtée. On l’accusa d’ennemie du Grand Reich, de chef de l’organisation des prisonniers évadés, et d’espionnage et de corruption auprès de soldats de la Wehrmacht. Cette dernière accusation lui valu un futur passage devant le Conseil de Guerre. Elle passa tout d’abord 5 jours et 5 nuits dans un cachot sans air et sans lumière avec pratiquement rien à manger ni à boire. Après cela, elle subit un mois d’interrogatoire impitoyable (bienheureusement la Gestapo ne la tortura pas). Elle endossa toutes les accusations afin que ses collaborateurs s’en sortent. Puis vint le Conseil de Guerre. Mlle Scius risquait la peine de mort mais grâce à la notoriété de sa famille connue dans toute la Lorraine et la victoire qui commençait à sourire à l’Allemagne la justice fut clémente et la condamna à quinze mois de prison. Elle fut dirigée dans un camp de femmes. Là-bas, après un stage d’apprentissage en serrurerie, elle fut affectée au nettoyage et à la réparation de pièces de locomotives. En réalité, elle faisait de son mieux pour les saboter.
Puis, en raison de problèmes de santé, elle fut mutée au dépôt des chemins de fer de Reding Là, grâce à sa carte de cheminot, elle devint agent de liaison et de ravitaillement entre les groupes du réseau de Résistance. Elle était aussi infirmière des FFI cachés dans les forêts.
Enfin, en 1944, elle a réussi à faire déposer les armes à 14 Allemands, afin qu’ils se rendent aux FFI.

La légion d’honneur décernée à cette femme courageuse

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