mercredi 26 mars 2008

- A - L'aide aux prisonniers de guerre


L’objectif des français qui étaient prisonniers de guerre en Allemagne était de passer la frontière allemande pour rejoindre la France libre . Leur première difficulté lorsqu'ils arrivent en zone annexée (Alsace-Moselle) est la langue. Tous les panneaux sont en allemand et les employés (de gare par exemple) parlent également allemand. Dans les rues ils peuvent à tous moments croiser des S.A (Section d'Assaut) ou des NSKK (National Sozialistische Krafter Korps, formation paramilitaire). Les évades savent qu'a tous moments ils peuvent être dénoncés : ils doivent à la fois se méfier et faire confiance. Néanmoins leur principal problème reste la faim, la soif et la fatigue. Malgré tous ces efforts pour arriver en zone libre ils peuvent cependant être renvoyés en Allemagne. En revanche les évadés peuvent apercevoir des « bérets» français ou entendre parler français dans des cafés. Ces derniers les informent sur les risques qu'ils peuvent rencontrer en passant la frontière. Certains évadés trouvent refuge dans des institutions religieuses comme celle de Soeur Hélène.

Soeur Hélène (Hélène Studler) née en 1891, dirige l'hospice St Nicolas à Metz, elle soigne, cache et fait passer la frontière aux évadés. Comme elle l'a fait avec Raymond Chagot. Elle envoyât ce dernier à Novéant chez l’abbé Nassoy qui l’orientât vers un passeur local. Elle incarne la femme résistante.

Pour d'autres prisonniers la frontière est plus longue à atteindre, Pierre Millet fait partie de ces évadés. Pierre Millet était un médecin auxiliaire prisonnier à Corcieux dans les Vosges. Il s'évade d'Allemagne, descend à la gare de Novéant où il y passe inaperçu. Il est hébergé par l'abbé Georges Nassoy. Pierre lui raconte tout ce qui lui est arrivé auparavant et lui fait part de sa volonté de passer la frontière. L'abbé confia Georges à Alfred Sanzey qui est passeur sur la Moselle. Il fait passer les personnes en bateau suite à la destruction du pont au-dessus de la Moselle. Arrivé sur l'autre rive Pierre prend le train pour rejoindre la zone libre où il entre en résistance.
De nombreux évadés commettent des erreurs ce qui conduit à leur arrestation, à l'exemple d'Yves Jouannic. Yves Jouannic, s’évade du Stalag 13 le 5 septembre 1941. Il échappe aux contrôles renforcés aux sentinelles et aux chiens mais il se fait arrêter alors qu'il était dans un train. Ses erreurs sont nombreuses : il ne connaissait pas la direction du train, il n'a pas écouté les conseils qu'on lui a donné, il n'a pas enlevé sa plaque de soldat. Yves est interrogé puis torturé. Toutes ses tentatives d'évasion sont des échecs, sauf la dernière qu'il organisa vers la fin de la guerre. Les évadés doivent donc être vigilants notamment lorsqu'ils sortent des trains. A Novéant, ils sont nombreux à s'être fait arrêter car ils parlaient français langue interdite en Moselle annexée. Beaucoup sont morts ainsi.

Les péniches sont des moyens d’évasion. L’entreprise Guély dispose de péniches qu’ils mettent à disposition des déserteurs. Henry Guély, gérant de la société Guély frères, Jules Watrin et Jacques Salm ont reçu la médaille de bronze de la reconnaissance française en 1952 pour l’aide apportée aux prisonniers de guerre. Les péniches n’étaient pas le seul moyen de passer la frontière. Il existait aussi le train. Les trains passaient également des prisonniers de guerre évadés. Ils étaient trouvés par hasard dans Ars, ou devant la gare de Metz. Ils se cachaient sous les banquettes du train des ouvriers. Cette technique a fonctionné pendant un an, jusqu’en 1943. Yvonne Troisième, jeune ouvrière, en a passé également de cette façon. Ce n’était pas la seule ouvrière à faire cela. Yvonne Troisième se souvient en particulier d’un évadé, dissimulé sous une banquette, qui avait appuyé sa figure contre le radiateur. Quand il avait pu quitter sa cachette, il avait poussé un «ouf» de soulagement car il avait une brûlure au visage.

Il y eut aussi des filières issues des groupes de Résistance Lorrains. Le général Pierre Denis cite dans son ouvrage La Libération de la Moselle certains groupes de la Résistance mosellane tels que « L’espoir français » ou bien « le groupe Mario » et d’autres encore. Une de leurs premières activités était d’aider les évadés par la recherche de relais.

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